J’ai créé ma première entreprise en 1982, me spécialisant sur les lancements de produits et les soirées de prestige. J’ai inventé le « show-express », des spectacles démesurés qui nécessitaient souvent plusieurs jours d’installation, de réglages et de répétitions, en intérieur ou extérieur, et qui ne duraient guère plus de deux ou trois minutes.
Parfois quarante-cinq secondes. Je voulais créer une communication hallucinante, révéler la synergie qui existe entre créativité et réceptivité au travers d’événements sonores et lumineux dont le principe étaient de bousculer l’imaginaire des spectateurs, de gommer, d’effacer de leurs esprits pendant quelques minutes toutes préoccupations, tout présupposé.
J’essayais de les faire voyager hors le temps pour les mettre, par le choc émotionnel, en position de déséquilibre, cherchant à les déstabiliser pour qu’ils soient en état de réceptivité totale.
J’offrais une démesure sur mesure. Certains parlaient d’hallucination collective.
Dans ma toute modeste mégalomanie, je m’étais baptisé « Le Metteur en Rêve de l’Imaginaire ».
Les médias écrivirent plusieurs publications, sur ces soirées de gala qui réunissaient jet-set, stars et gotha. Grâce à cela, j’avais gagné plusieurs budgets qui furent décisifs pour mon avenir.
Les attachés de presse faisant bien leur travail, tous les grands médias firent des rédactionnels sur ces soirées hors normes.
Dès le lendemain, il y avait des pages entières dans des quotidiens et hebdomadaires, ce qui était tout bénéfice pour les organisateurs ou les annonceurs. S’ils avaient dû les acheter en espace publicitaire cela aurait coûté une fortune.
Avec le temps, je rencontrais des maires de certaines grandes villes, responsables politiques de collectivités locales, pour lesquels je devins metteur en scène urbain pour des événements historiques, commémoratifs et culturels.
Je me plongeais dans l’histoire d’une ville, d’une région, d’une place, d’un personnage et j’écrivais un conte des temps modernes. L’exercice était différent. C’était souvent des événements extérieurs gratuits pour lesquels la population était conviée. Je composais mes spectacles comme une symphonie avec, sur la partition, des mots, des notes de musique, des images, de la lumière, des feux d’artifices, parfois des artistes, des danseurs, des comédiens, des jeux d’eau… comme une progression visionnaire.
Ma volonté était de créer une vision éphémère indélébile, faire du ciné en direct plus que de la pub, mettre en scène un lieu à travers un thème donné, faire passer l’information par l’émotion : « Sublimer l’instant ! »
Une campagne de financement participatif est en cours sur Ulule pour permettre la publication des deux tomes.


















